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“Avec une vraie concurrence, le train sera 2 fois moins cher en France” selon le fondateur de Kombo.

En seulement 8 ans, Kombo est devenu le 1er site français pour tous les moyens de transports. Une performance jamais vue auparavant pour ce site révolutionnaire. Dans cet entretien, Matthieu Marquenet, un des co-fondateurs de Kombo nous dévoile les secrets de la réussite de Kombo tout en partageant aussi les galères rencontrées.

Comment est née l'idée de Kombo ?

On a démarré au moment de la libéralisation du marché de l’autocar en 2016. A l’époque, il y avait 6 compagnies de bus différentes et les Français avaient besoin de comparer les prix. Nous avions un autre nom au départ (SoBus), et puis quand on a ajouté le train, on a pris le nom “Kombo” (et si vous voulez l'essayer, cliquez ici).

Pourquoi avez-vous choisi ce nom, et pourquoi avez-vous ajouté les autres moyens de transport ?

Les 2 sont liés ! (rires) La majorité des gens qui prennent le bus veulent comparer avec les prix des billets de train. Les prix dépendent de l’offre et la demande, et dans le transport, ils bougent tout le temps ! C’est donc capital de pouvoir comparer toutes les offres. 

Voilà pourquoi on a ajouté le train, le covoiturage, l’avion, et récemment la location de voiture. 

“Imaginez qu’on a démarré à 2 avec mon associé Clément, dans la cave d’une imprimerie.”

Quels défis avez-vous rencontrés lors du lancement de Kombo en 2016, et comment les avez-vous surmontés ?

Kombo, c’est une aventure humaine incroyable. Imaginez qu’on a démarré à 2 avec mon associé Clément, dans la cave d’une imprimerie. On n’avait même pas de quoi se payer un stagiaire, mais petit à petit, on avait de plus en plus de visiteurs, puis des passages télé, puis une première levée de fonds avec des investisseurs. Et puis on a connu un petit passage à vide fin 2023 au niveau des ventes, et nous avons dû nous séparer de 4 employés. C’était la décision la plus difficile qu’on ait eu à prendre, en tant que dirigeants. 

Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux. Kombo, c’est 1 million de visiteurs par mois, et une équipe géniale de 15 personnes. 

Un mot sur vos investisseurs ? 

On a la chance d’être super bien entourés, car de nombreux investisseurs ont cru en nous très tôt dans l’aventure, dès 2018. On peut citer Xavier Niel (le fondateur de Free), mais aussi les fondateurs de La Fourchette, Misterfly, Digitick, Zenly, Voodoo. Il y en a bien d’autres, comme par exemple les fondateurs de Capitaine Train, une startup qui nous avait beaucoup inspiré à nos débuts. 

Au final, nous avons levé plus de 4M€. C’est une grosse somme mais c’est en réalité très peu. Un site comme SNCF Connect emploie plus de 1000 personnes, quand nous sommes 15 ! Car côté technique, Kombo est une prouesse d'ingénierie logicielle. Avec une équipe si petite, nous réussissons à proposer plus de moyens de transports que tout autre site en France.

Comment définiriez-vous la mission de Kombo aujourd'hui ?

Notre mission, c’est de trouver le transport le moins cher pour nos clients : quel que soit leur budget, leur trajet, en France, ou à l’étranger. En ce moment, le marché du train est en plein bouleversement, car c’est la fin du monopole de la SNCF. On a déjà Trenitalia ou Renfe en France, mais c'est encore le tout début. De nouvelles compagnies de train vont arriver dans quelques années. Plus que jamais, les Français ont intérêt à comparer les prix pour payer moins cher.

Cette libéralisation du marché du train, qu’est-ce que ça peut changer pour les Français ? 

C’est simple : avec une vraie concurrence, le train sera 2 fois moins cher en France. Regardez les prix en Italie ou en Espagne : les trains sont à grande vitesse, très confortables, mais les billets sont 50% moins chers qu’en France. 

Mais le problème, c’est que le groupe SNCF fait de la résistance face à cette concurrence. Ça n'a pas de sens, car c’est une entreprise qui appartient à 100% à l’Etat français, et qui devrait aider à la mise en place de la concurrence pour faire baisser les prix des billets de train. On constate ces baisses de prix partout où la concurrence est arrivée : les télécoms avec Free, les trains en Italie ou en Espagne, ou le transport aérien avec les low cost. 

“Kombo est le 1er site français proposant tous les moyens de transport.”

Quels sont les avantages pour un voyageur de passer par Kombo plutôt qu'un autre service de réservation ?

Kombo est le 1er site français proposant tous les moyens de transport. Nous garantissons à nos clients un service de qualité, 7 jours sur 7. Les filles du service client Inès, Josepha, et Lisa sont adorables et font tout pour nos clients. Si jamais une erreur vient de chez nous, garantissons à  nos clients un remboursement à 100%. Il n’y a pas d’équivalent sur le marché français. 

Ensuite, on a développé des fonctionnalités uniques. Par exemple, quand un Ouigo est en retard, il faut faire une demande via un formulaire, et la moitié des gens ne le font jamais. Chez Kombo, on a automatisé ça, de sorte que nos clients reçoivent automatiquement l’argent auquel ils ont droit. 

Mais aussi les billets de train pour se déplacer à l’étranger, la combinaison de trajets, les nombreux moyens de paiement, etc.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples concrets ? 

Kombo permet par exemple de comparer un Paris - Nice entre Inoui, Easyjet ou Air France. Ou encore Paris - Lyon entre Inoui, Trenitalia et Renfe pour le train, mais aussi Flixbus ou Blablacar Bus. Qui est le moins cher ? Et bien je n’ai pas de réponse, car tout va dépendre des dates de voyage et de réservation ! Voilà pourquoi Kombo existe. 

Souvent, les comparateurs ne proposent pas les options. Comment gérez-vous ça chez Kombo  ?

D’abord, Kombo n’est pas un comparateur, mais un site de réservation car les clients paient directement leurs billets chez nous. D’ailleurs, nous avons le plus large choix de moyens de paiement, avec Apple Pay, Google Pay, Paypal, illicado, les Chèques Vacances, ou encore Floa pour le paiement en 3x sans frais. 

Ensuite, nous proposons l’ensemble des options disponibles sur les sites des opérateurs : les cartes de réduction (Cartes Avantages, Carte Liberté…), MAX Jeunes, les bagages sur Ouigo ou l’avion, le choix du siège, et l’annulation. Et si vous avez Cartafreccia pour Trenitalia, on le gère aussi ! 

Kombo est présent en France et dans d'autres pays européens. Pourquoi avez-vous choisi de vous étendre à l'international ?

On s’est aperçu qu’un client qui partait à Rome en Italie avait besoin de pouvoir continuer son voyage sur place. On propose déjà le bus mais pour aller à Florence ou Venise, rien de tel que le train. On l’a donc intégré avec les billets des 2 compagnies, Trenitalia et Italo. Et puis on a fait pareil pour l’Espagne, la Belgique, la Suisse.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre capacité à combiner différents moyens de transport ?

Oui, sur Kombo on a mis au point cette technologie qui permet de combiner 2 trains de différentes compagnies, ou un bus et un train, ou un train et un avion. Aucun gros site aujourd’hui ne propose ce type de combinaison, car il y a des défis techniques au niveau de l’algorithme, mais surtout au niveau des données. 

En pratique, vous pouvez trouver un trajet pour New York depuis n’importe quelle ville de France, avec une seule réservation. 

Vous avez évoqué une “équipe géniale”. Comment décririez-vous la culture d'entreprise chez Kombo ?

Effectivement, l’ambiance est vraiment top. Il n’y a qu’à regarder cette vidéo où l’équipe m’a pranké, pour comprendre comment ça se passe chez Kombo. Après, c’est clair que c’est une entreprise où collectivement, nous visons l’excellence. 

Concrètement, nous partons 2 fois par an en séminaire : on loue une maison de dingue et on fait quelques activités ensemble, tout en travaillant. Ça soude, et beaucoup des membres de l’équipe ont créé des liens d’amitié pour la vie. 

Quelles sont les innovations futures que vous envisagez pour améliorer encore l'expérience utilisateur sur Kombo ?

Ahah, nous avons encore de grands projets mais nous en parlerons quand ils seront prêts !

Interview réalisée à partir d’ensemble d’entretiens réalisés sur Capital (M6), JT de TF1, Le Parisien, et BFM Business.