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Le marché des cars Macron : l’explosion va continuer

Dans cette période pré-électorale, on lit de tout dans les articles consacrés au marché de l’autocar. En effet, les médias parlent beaucoup de ce moyen de transport suite à la diffusion du rapport de l’Arafer, l’autorité de régulation du secteur. De plus, on entend beaucoup de « haters » de ce moyen de transport, pour qui tout ce qui serait lié à Macron serait mauvais. Alors, intéressons-nous aux faits. 

Que contient le rapport de l’Arafer ?

L’Arafer est l’Autorité de Régulation des Activités Ferroviaires et Routières. Outre le train ou les autoroutes, il est en charge de la régulation de l’activité des transports par autocar. L’autorité publie des rapports trimestriels depuis la libéralisation du secteur de l’autocar par la loi Macron, en août 2015. Elle vient de publier son dernier rapport trimestriel qui concerne les 3 derniers mois de 2017. Les données chiffrées de cette étude de marché sont à la fois complètes, précises, et fiables.

L’étude détaille la fréquentation des autocars sur le marché français, qui se monte à plus de 6,9 millions de voyages depuis la libéralisation, 6,1 millions sur l’année 2016 et 1,6 million sur le 4è trimestre. C’est donc pas moins de 17 000 personnes par jour qui ont pris l’un des 724 départs de bus quotidiens !

Le rapport liste les principales villes les plus fréquentées : Paris, Lyon, Toulouse, Lille, Bordeaux, Marseille, Nantes, Rennes, Clermont Ferrand et Strasbourg sur lesquelles 3 opérateurs d’autocars sont en concurrence. Les liaisons les plus empruntées sont très variées, puisqu’on y trouve des courtes distances (Paris-Lille, Paris-Rouen, Grenoble-Lyon…), des longues distances sans TGV comme Paris-Toulouse mais aussi des trajets long en concurrence avec le TGV comme Paris-Lyon.

Une forte croissance, de 143% en 1 an

La fréquentation a baissé de 22% entre le 3è trimestre 2016 (juillet, août, septembre) et le 4è trimestre 2016 (octobre à décembre). Mais comparons des choux avec des choux, puisqu’on sait que le marché du transport est très saisonnier… En réalité, la fréquentation du bus a progressé de 143% entre Q4 2016 et Q4 2017. Alors pourquoi cette baisse en fin d’année ? D’abord, un effet saisonnier. Par exemple, la fréquentation des trajets Intercités qui a une utilisation proche de l’autocar (peu de trajets professionnels, contrairement au TGV) baisse en fin d’année, de 16 à 22% selon les années.

Ensuite, il y l’augmentation des tarifs. Comme tout marché libéralisé, il faut se battre pour gagner des parts de  marché et attirer les clients avec des prix les plus bas. C’est ainsi que des trajets Paris-Lille étaient proposés à 1€ au début ! On en trouve encore à 5€, ce qui reste imbattable face à un TGV qui est souvent 4 fois plus cher, surtout en réservant au dernier moment. En 1 an, le prix moyen est passé de 3,20€ à 4,70€ par passager pour 100km, soit 47% d’augmentation. Avec une élasticité standard de 1, on devrait avoir 47% de fréquentation en moins. Donc malgré les augmentations de prix, les 143% de progression au 4è trimestre montrent que le marché est encore en pleine croissance.

Quelle perspective pour le marché ?

Sur ce sujet, les Echos ont titré “Le marché du transport par car se rapproche de la maturité”. C’est sémantiquement vrai car on se rapproche toujours de la maturité, mais nous estimons que le marché atteindra un plafond aux alentours de 2020, avec plus de 25 millions de trajets par an. Le trafic du bus sera donc multiplié par 5 en 4 ans en France. Arrivé à maturité, le marché sera comparable à celui de nos voisins, puisqu’en Allemagne, en Espagne ou au Royaume-Uni, près de 30 millions de personnes voyagent en bus chaque année.

 

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